Le logiciel d’un professeur de McGill est sélectionné pour un programme de développement durable des Nations Unies

Des solutions fondées sur la nature conçues par Eco2urb, jeune pousse cofondée par Andrew Gonzalez, contribuent à la préservation de la biodiversité et à la lutte contre les changements climatiques

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a choisi deux outils créés par une entreprise cofondée par Andrew Gonzalez, professeur de biologie à l’Université McGill, pour lutter contre les changements climatiques et la perte de biodiversité.
Eco2urb, jeune pousse fondée en 2017 par Andrew Gonzalez et par Jérôme Dupras et Christian Messier, tous deux professeurs à l’Université du Québec en Outaouais, fait partie des 400 fournisseurs de solutions environnementales fondées sur la nature retenus en Amérique du Nord.

Andrew Gonzalez travaille sur l’outil Connect2 depuis qu’il a obtenu son premier contrat du gouvernement du Québec pour la création de corridors verts et de zones protégées dans le sud du Québec, en 2009.

L’autre logiciel, conçu par Christian Messier, génère des analyses et des recommandations sur les types d’arbres à planter en milieu urbain. Fini le temps où l’on plantait des arbres sans vérifier d’abord leur durabilité et leurs répercussions sur l’environnement.

Connect2 est composé d’une série d’algorithmes qui récupèrent des données géospatiales et « les empilent à la façon d’un millefeuille ».

Il peut s’agir de données sur l’âge des arbres, sur la biodiversité des zones humides ou encore sur les animaux – oiseaux, mammifères, insectes – présents dans une région donnée.

Les algorithmes analysent les données et les modèles propres à chaque couche.

« On peut ainsi en savoir plus sur le déplacement des animaux, sur la connectivité entre les zones ou sur les interactions dans les différentes zones, explique Andrew Gonzalez. Une carte indique quels espaces doivent être protégés. »

 

Connectivité des habitats naturels

Le PNUE considère que l’outil cadre parfaitement avec sa mission de protection de la biodiversité et des espaces verts, ce qui ouvre les portes d’un marché mondial à Eco2urb.

Andrew Gonzalez attribue le succès d’Eco2urb aux recherches qu’il mène dans son laboratoire de McGill depuis plus de dix ans.

« Mes recherches sont à la base de cet outil, et nos travaux au laboratoire de McGill sont toujours très liés aux services de pointe offerts par Eco2urb. En ce qui me concerne, les liens avec McGill sont très forts. »

Titulaire de la Chaire en biologie de la conservation Liber Ero, Andrew Gonzalez est directeur fondateur du Centre de la science de la biodiversité du Québec et coprésident de GEO BON, réseau de surveillance de la biodiversité terrestre.

Lors d’une entrevue à la radio, Christian Messier a qualifié Andrew Gonzalez de « grand spécialiste de tout ce qui touche la connectivité dans le milieu naturel ».

Prenons l’exemple de deux zones boisées séparées par une terre agricole. L’outil d’Andrew Gonzalez déterminera si les deux zones sont interreliées du point de vue de leurs plantes, insectes et animaux.

« Andrew a développé toute une approche pour évaluer cette connectivité-là et déterminer quels sont les peuplements en milieux naturels dans un paysage donné – quels sont les plus importants éléments à conserver pour protéger cette connectivité, précise Christian Messier. C’est absolument essentiel pour maintenir la santé et l’intégrité de nos écosystèmes naturels dans un paysage très large. »

 

Des décisions basées sur des données

Dans leur planification du paysage urbain, les villes doivent prendre des décisions au sujet des espaces verts à conserver, mais elles n'ont pas de données sur lesquelles s'appuyer. 

L’entreprise s’est vu poser les questions suivantes : « Que faire avec ce qu’il nous reste? » « Quels écosystèmes sont les plus vulnérables ou les plus précieux du point de vue de la biodiversité? »

Les réponses varient selon les contextes, mais Andrew Gonzalez nous dévoile une constante : « Aucun espace vert n’est isolé. Toutes les zones sont interconnectées et interdépendantes. Et nous avons maintenant un outil qui montre ces interconnexions. »

Selon lui, nous ferions fausse route en prenant des décisions purement politiques ou financières qui ne tiennent pas compte de ces facteurs.

« Nous recherchons les solutions avantageuses pour la nature, l’économie et le bien-être de la population. »

 

Photo : Pr Andrew Gonzalez

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