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Le cycle 2010-2012 des ateliers de droit civil, présenté par le Centre de recherche en droit privé et comparé du Québec, se déroule sous le thème « Les intraduisibles en droit civil », c'est-à-dire ces aspects et éléments du droit qui résistent à la traduction.
Cette année, le cycle d'ateliers de droit civil compte sur l'appui financier des Fonds d’appui à l’accès à la justice dans les deux langues officielles.
Les ateliers sont accrédités auprès du Barreau du Québec dans le cadre de la formation continue obligatoire.

Le neuvième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit civil
» sera présenté par Jimena Andino Dorato.
Résumé: Partant d’une approche qui considère que la
traduction est possible, sans pour autant nier ses difficultés, cette
présentation propose d’analyser la notion de faute en droit québécois à
partir des questions soulevées par sa traduction. Le point de départ de cet
exercice remonte aux difficultés éprouvées par les traducteurs et réviseurs
du Code civil du Québec trilingue, au moment de la rédaction de sa version
espagnole. Le but est d’explorer ce que les difficultés engendrées par la
traduction peuvent apporter à la compréhension de la faute en droit
québécois, sous un regard différent. Pour cela, il est nécessaire de revenir
au droit français, source importante tant du droit québécois que du droit
latino-américain, en se penchant sur les interprétations dont il a été
l’objet. À partir du regard de l’Autre, il s’agit d’une analyse
intraciviliste portant tant sur le« texte de départ », le texte d’arrivée que
sur la famille du droit civil. Ceci permet une ouverture à un troisième
regard qui s’éloigne de l’approche comparative binaire anglais-français,
common law-droit civil et révèle que le droit d’ici et de le droit d’ailleurs
ne sont ni l’un ni l’autre.

Le dixième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit civil
» sera présenté par Ruth Sefton-Green.
Résumé: Cette présentation examinera l’absence de
remedies et la primauté des droits en droit civil. Plus précisément,
elle vise à déterminer si le concept de remedy est absent du droit
civil (en mettant l’accent sur le droit français), ou si c’est seulement le
langage des remedies qui est manquant. L’hypothèse de la Dre
Sefton-Green est que le concept n’existe pas en droit civil. Le droit civil,
ne peut donc penser en termes de remedies et ne connait donc pas
cette classification juridique. Si tel est le cas, cette disparité est
intégrée de manière conceptuelle et cette différence n’est pas simplement une
question de langage.
De plus, si les remedies sont absents, que cela signifie-t-il sur la
nature des droit (droits subjectifs) en droit civil ? Des inférences
peuvent-elles être tirées en ce qui a trait à la relation entre droits et
obligations? Si les remedies sont absents, cela indique-t-il que les
wrongs sont également absents? Y a-t-il une manière de comprendre le
tout sans tourner en rond?
Enfin, cette quête pour les remedies en droit civil est
inévitablement liée à un examen de la relation binaire entre les parties (et
leurs droits respectifs) en droit privé et la relation triangulaire entre les
parties et le juge. La prééminence des droits et l’absence des remedies en
droit civil, en regard de la présence des remedies en common law,
aura nécessairement un impact sur la manière d’envisager ces relations.

Le onzième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit civil
» sera présenté par Christine Morin.
Résumé: Que cherche à traduire le testateur lorsqu’il
prévoit la dévolution de ses biens dans un testament? Ses sentiments, ses
devoirs, sa solidarité, son affection? Que cherche à traduire le législateur
lorsqu’il laisse le testateur libre de léguer ses biens aux personnes de son
choix ou, au contraire, lorsqu’il lui impose des limites? Une tradition
juridique, des valeurs morales, des solidarités sociales? Lorsqu’il est
question de testament, le Code civil du Québec traduit-il le même type de
représentations sociales que la législation des autres provinces canadiennes?

Le huitième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit civil
» sera présenté par Eric H. Reiter.
Résumé: Cet atelier vise à offrir une perspective historique
au lent développement des droits de la personnalité extrapatrimoniaux en
droit québécois, de la fin du 19e siècle à l’avènement du Code civil du
Québec. Ayant comme dessein d’affirmer et de protéger la dignité de la
personne, la recodification du droit privé de la fin du 20e siècle a importé
pour la première fois la notion de droits de la personnalité dans le Code
civil. Avant cela, les parties tentaient cependant d’utiliser le droit et les
tribunaux afin de protéger les qualités humaines intangibles et abstraites
telles que l’honneur, l’intégrité corporelle et l’affection familiale. Leurs
tentatives – créatives et souvent sophistiquées, sinon toujours couronnées de
succès – illustrent quelques-uns des obstacles et des changements conceptuels
qui se cachent derrière le développement des droits extrapatrimoniaux en
droit civil québécois.

Le septième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit civil
» sera présenté par Kirsten Anker.
Résumé: Le « titre autochtone » fait partie du droit
québécois, mais toujours sous la forme d’habits empruntés. Le titre
autochtone, ayant une existence en droit fédéral, nous renvoie au langage de
la common law ou encore au concept sui generis qui représente la
réconciliation entre les perspectives de common law et les perspectives
autochtones. L’accommodement historique de la tenure autochtone au Québec
repose pourtant sur des notions aujourd’hui désuètes. D’un point de vue
ethnographique, on ne peut traduire la tenure autochtone en droit civil sans
en modifier son essence. Partant de l’entente de la Paix des Braves
de 2008 concernant le régime forestier adapté Cris-Québec, qui utilise
maintenant les terrains traditionnels de trappage comme unité de
planification forestière au Québec, cette présentation examinera les
avantages et les risques d’un sui generis interest in land.

Le sixième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit civil
» sera présenté par Anne Sanders.
Résumé: La récente décision de la Cour suprême du
Royaume-Uni dans Radmacher v Granatino [2010] UKSC 42 a soulevé la
question des contrats prénuptiaux non seulement dans le droit anglais de la
famille, mais aussi dans le droit comparé.
Bien que la majorité des juges ait considéré comme non pertinente la question
de savoir si les accords prénuptiaux devaient être analysés comme des
contrats, Dr Sanders propose que les différentes notions de contrat en droit
anglais et allemand peuvent aider à expliquer pourquoi les accords
prénuptiaux n'ont pas été exécutés depuis longtemps en Angleterre. Qui plus
est, que le droit contractuel comparé peut-il apprendre de la notion même
d’accord prénuptial dans les différents systèmes juridiques?

Le cinquième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit civil » était présenté par le professeur Jean-Guy Belley. Il portait sur la question de la traduction/qualification juridique adéquate de la relation d’affaires entre un franchiseur et ses franchisés. Est-ce un contrat innomé imposant une obligation de loyauté? une relation fiduciaire découlant de la vulnérabilité du partenaire? une relation de confiance? une relation d’interdépendance asymétrique? D’où vient la difficulté de traduire/qualifier la relation de franchise en droit, plus particulièrement en droit civil : des mots disponibles et autorisés? des particularités de cette forme d’organisation économique? du paradigme classique, libéral, du droit privé? À quel genre dont la franchise serait une espèce peut-on se référer pour définir juridiquement cette relation?

Le quatrième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit
civil » était animé par Alexandra Popovici, étudiante aux études supérieures
Université Laval et chercheure au Centre de recherche en droit privé et
comparé du Québec. À travers une brève histoire de la fiducie québécoise, cet
atelier se voulait une réflexion sur la place fondamentale qu’occupe la
traduction dans l’imagination du juriste et ultimement dans celle du
législateur.

Le troisième atelier de la série 2010/2012 « Les intraduisibles en droit
civil » était animé par le professeur François Ost, vice-recteur des Facultés
universitaires Saint-Louis, Belgique. Comme philosophe du langage, François
Ost interrogeait la notion même d'intraduisible. Il défendait la thèse de la
traduction nécessairement imparfaite (comme le langage lui-même), renvoyant
ainsi dos à dos deux thèses également réductrices : celle de
l'omnitraduisibilté et celle de l'impossibilité de la traduction. Comme
philosophe du droit, il interrogeait le droit comparé dans sa vocation
traductrice.

Le deuxième atelier de droit civil de l'année était animé par le professeur Giorgio Resta, professeur associé de droit comparé à l'Université de Bari, Italie (depuis 2002) et professeur invité (2010/2011) à la Faculté de droit, Université McGill.
Cet atelier portait sur les questions juridiques autour d’un problème d’importance accrue : la marchandisation de l’identité personnelle. Quelles sont les racines historiques de la catégorie « droits de la personnalité » prévue, par exemple, dans le Livre 1, Titre 2 du Code Civil du Québec? Est-ce que le mot anglais « personality » est un bon équivalent du mot français personnalité, de l’allemand Persönlichkeit, ou du portugais personalidade? Et quelle est la relation entre les conceptions concurrentes de la vie privée, non seulement en termes de taxonomies conceptuelles mais aussi en tenant compte des règles opérationnelles? La doctrine plus récente a proposé qu’il existe une « divergence transatlantique » entre deux cultures occidentales du « droit à la vie privée », l’une ancrée dans l’idée de liberté, l’autre dans l’idée de dignité. Est-ce que ces différences dans l’approche ont mené à un (ou plus) modèle différent de régulation?

Ce premier atelier était animé par le professeur Richard Hyland de la Faculté de droit Rutgers. Parmi ses nombreuses publications, le professeur Hyland est l’auteur du livre Gifts: A Study in Comparative Law (Oxford: OUP, 2009), qui a grandement attiré l’attention de plusieurs auteurs de rédaction de doctrine. Le dernier chapitre de ce livre soulève la question posée dans le titre de cet atelier "Is the Gift a Contract?".
Pour ceux et celles qui désirent lire le chapitre en question, il est
disponible par
consultez-le sur Oxford Scholarship Online (abonnement requis).
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