Les aurores boréales ont toujours enchanté Grace Egeland. Enfant, les documentaires sur le Grand Nord la captivaient et dès qu'elle a commencé à travailler auprès des autochtones, en Alaska, elle est devenue complètement accroc.
Titulaire d'une chaire de recherche du Canada en environnement, en nutrition et en santé, Mme Egeland voit aujourd'hui tous les intérêts qui l'ont passionnée, ainsi que sa formation et ses expériences, trouver leur point de convergence au Campus Macdonald de l'Université McGill, à Sainte-Anne-de-Bellevue.
« Au Canada, les études en santé publique ne sont pas au programme des facultés de médecine. Ce qui est ironique, c'est qu'elles le sont aux États-Unis, où en revanche il n'y a pas d'assurance maladie publique, » fait-elle observer. Forte de son doctorat en épidémiologie d'une grande université américaine et de l'apport des différentes disciplines auxquelles elle puise, Mme Egeland s'emploie passionnément à aider les autochtones du Nord à se réapproprier durablement des régimes alimentaires sains. Un projet mené dans le cadre de l'Année polaire internationale a pour objet principal les modes d'adaptation des Inuit au changement provoqué par le réchauffement climatique, la mondialisation et l'occidentalisation.
« Il y a tant de variables à la santé publique, dit-elle. Il faut une optique de travail interdisciplinaire. » Son groupe « abat de la besogne », dit-elle, mais le diable est dans les détails. L'appui leur manque pour les travaux pratiques; le service communautaire et les ressources font défaut. Toutefois, dit-elle, les recherches menées par le Centre d'études sur la nutrition et l'environnement des peuples autochtones (CINE) pourraient profiter à l'ensemble de la population autochtone du Canada.
« Mes travaux à McGill ont considérablement accru l'information accessible aux autochtones; ils pourraient bien sûr se faire ailleurs, mais plus difficilement, précise-t-elle. L'avantage de McGill, c'est son histoire et ses relations qui inspirent confiance dans les communautés. Au CINE, nous avons un conseil de direction qui définit les règles; il en résulte une structure et l'obligation de rendre des comptes. »
« À McGill, j'ai accès à un cadre de chercheurs de calibre mondial à qui je peux m'adresser, dit-elle, rayonnante. Il serait difficile de faire ailleurs ce que nous faisons. »