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Futsum Abbay

Futsum Abbay


Pour Futsum Abbay, la règle de droit n'est pas une réalité tenue pour acquise. Ayant été témoin de l'effondrement de la démocratie dans son pays, l'Érythrée, Abbay, aujourd'hui étudiant de 2e/3e cycle à la Faculté de droit de l'Université McGill, s'est fait le défenseur des droits de l'homme et aspire à aider les pays en développement à imposer la règle de droit à tous, y compris aux chefs de gouvernement.

« Les gouvernements qui ont combattu pour l'indépendance de leur pays n'ont pas tenu leurs promesses. Ils sont devenus des dictateurs, dit-il. Lorsque je vois des gouvernements africains violer les droits de l'homme, je rêve au jour où ces droits seront respectés. »

Abbay a une histoire personnelle remarquable. Presque complètement aveugle, il n'en a pas moins obtenu un baccalauréat en droit à l'Université d'Asmara, puis une maîtrise à la Faculté de droit de McGill. Il est ensuite retourné enseigner en Érythrée, où il s'est employé à inculquer l'importance de la règle de droit à des étudiants qui citaient souvent les propos du despote au pouvoir dans leurs réponses d'examens.

En bon professeur de droit, Abbay remettait en question la conception commune en Érythrée voulant que les aveugles ne pouvaient vivre que de charité. « On me prenait pour un mendiant quand on me croisait dans la rue. En arrivant ici, je croyais que j'allais beaucoup dépendre de l'aide de mes amis, mais je me suis rendu compte que je pouvais être très, très indépendant. »

Abbay est de retour à McGill, au Centre pour les droits de la personne et le pluralisme juridique, où, titulaire d'une bourse O'Brien, il mène des recherches sur les droits des handicapés. Ces bourses créées en 2006 grâce à un don de 3 M$ de la Fondation O'Brien, ont pour but de permettre à des spécialistes des droits de l'homme de différents pays de poursuivre des études à McGill.

Du fait de son expérience, Abbay a été porté à mener des recherches qui concernent à la fois la situation des handicapés et les droits de l'homme. Il espère persuader les pays en développement de se doter de politiques nationales contraignantes qui garantiraient aux handicapés la possibilité de participer pleinement à la vie sociale. « Même si les ressources sont limitées, certaines mesures peuvent être prises pour assurer la participation des handicapés. On peut faire davantage dès lors qu'on considère les handicaps sous l'angle des droits de l'homme. »